Les Canaries ou l’éternel printemps

Gomera, la verte

Les Canaries sont à la flore mondiale ce que les Galapagos sont à la faune : un trésor inestimable. Elles comptent à elles seules plus d’espèces endémiques que tous les pays d’Europe réunis ! Désignée « réserve de biosphère » par l’Unesco, La Gomera illustre cette luxuriance. Dans l’ombre de sa grande voisine, Tenerife, cette petite île circulaire reste peu fréquentée. Il ne faut pourtant qu’une heure de ferry pour la rejoindre. Une traversée d’autant plus réjouissante qu’elle est l’occasion d’observer les baleines-pilotes qui séjournent là en permanence.

On vient à La Gomera pour se promener parmi ses arbres courbés sous le poids de la mousse. Sur ses hauteurs centrales hérissées de pics basaltiques, le parc national de Garajonay est un dôme de verdure perpétuellement nimbé de brumes épaisses. Cette humidité nourrit une forêt primaire de lauriers, bruyères géantes et fougères. Une fois sortis du brouillard et de ses sortilèges, les nombreux sentiers de l’île proposent aux plus sportifs de dévaler les barrancos, souvent aménagés en terrasses. Ces étroites vallées plongent vers des rivages chargés d’histoire. La Gomera fut, en effet, la dernière halte de Colomb avent sa découverte du Nouveau Monde.

Fuerteventura, la blonde

S’il est facile de se déplacer d’île en île en bateau, mieux vaut monter à bord d’un petit avion de la compagnie locale Binter pour rejoindre rapidement Fuerteventura. À l’est de l’archipel, l’île de la « Bonne Aventure » doit son nom au gentilhomme normand Jean de Bethencourt qui entreprit la conquête des Canaries, mandaté par le roi d’Espagne, en 1402. Son fief colonial, Betancuria, fait aujourd’hui figure d’oasis dans un environnement brûlant. Face aux murs aveuglants de la vieille église, le patio ombragé de la Casa Santa Maria est le cadre idéal pour faire une pause gourmande et en apprendre davantage.

Fuerteventura est la plus vieille ville de l’archipel. La plus aride aussi. Érodée depuis des millénaires, elle n’a plus de relief assez haut pour retenir les nuages et leur précieuse humidité. Ce squelette d’île », selon l’expression de l’écrivain et philosophe Miguel de Unamuno, est poncé par des vents chauds qui y déposent le sable du Sahara tout proche. Sur la côte nord, le parc naturel de Corralejo est un véritable petit désert dont les vagues de dunes dorées ondulent à perte de vue.

Au total, Fuerteventura compte 150 km de plages. Un paradis pour les surfeurs ! Exposées à la houle ou protégées par des remparts naturels de roches, elles sont toutes plus photogéniques les unes que les autres. Dans le parc naturel de Jandia, celle de Cofete, gardée seulement par quelques chèvres solitaires, est la plus longue : 15 km de sable immaculé.